Date de Tokyo : 23 Juin 2017 (17:43)
Japan Addiction Music

Interview de HITT

Interview de HITT

Le 27 septembre 2014, à l’occasion de son concert à la LEGIA, l’artiste HITT nous a accordé une interview.  

Il y a certainement des gens qui ne vous connaissent pas encore, pouvez-vous vous présenter à eux ?

HITT, qu’on épelle « H.I.T.T » c’est moi, bonjour ! Il y a sûrement encore des gens qui ne connaissent pas « HITT » n’est-ce pas…
Je suis un chanteur solo, ce qui signifie que j’écris mes propres chansons, les paroles, je fais les arrangements, je les chante. Moi-même j’ai souvent l’habitude de dire que je fais de la romance ou du « rock Entertainment », ou plutôt du « piano rock Entertainment », puisque je joue du piano. Jouer du piano implique qu’il y ait des chansons jazz, rock, des morceaux instrumentaux, des ballades…Mon style se résume en un seul terme : « l’expression personnelle ». Si ça ne vous parait pas très clair, venez me voir à un de mes concerts et vous comprendrez !

En septembre 2009, vous commenciez votre première tournée européenne avec « Ramen events ». Quel souvenir avez-vous de cette première tournée ? Quel avait été l’accueil du public à ce moment-là ?

La première fois que je suis venu en Europe, je me suis demandé si je n’allais pas me faire avoir, est-ce que des fans allaient vraiment venir ? Je n’arrivais pas à croire que quelqu’un viendrait. Je ne pouvais simplement pas le croire. Cependant, durant le premier concert, à Bruxelles, j’ai été vraiment surpris de voir qu’autant de gens étaient présents ; ils connaissaient même certaines des chansons, comme « Kakkotsuke man » par exemple, ils savaient aussi que je jouais du piano… Et le fait qu’ils connaissent les morceaux, que mes chansons aient pu traverser le monde entier, ça m’a vraiment ému. Je me demandais également si le fait que je chante en japonais n’allait pas poser problème, même s’il est vrai que la plupart de mes chansons, notamment « Kakkotsuke man » ou « Sexy Galaxy », sont assez faciles à comprendre et à retenir, alors tout le monde chantait en chœur… alors que j’avais peur d’avoir fait des erreurs dans les compositions ou en les écrivant, ça m’a vraiment rassuré.HITT

En 5 ans, cet accueil a-t-il changé ? (si oui, comment ?)

Pour parler honnêtement, entre 2009 et 2010 la musique japonaise ou le « j-rock » comme tout le monde l’appelle, a connu un gros pic de popularité, tout le monde me rattachait à ce mouvement. Cet essor m’a sauvé. Mais après ça, d’année en année le j-rock a perdu de sa popularité, tandis que la K-pop voyait la sienne monter en flèche. J’ai assisté à tout ça, parce que je venais ici tous les ans. Bien sur, le nombre de fans (à ses concerts ndlt) a aussi commencé à diminuer, mais encore aujourd’hui, il ne s’est pas réduit à zéro. Et ça, ça montre que ce n’est pas parce que « HITT » est japonais qu’ils continuent à venir, c’est parce qu’ils aiment « HITT ». J’appelle mes fans des « Hitters », mais les Hitters d’aujourd’hui qui viennent encore ont changé.

Si je ne me trompe pas, vous en êtes à votre 6eme tournée européenne. Comment celle-ci se passe-t-elle ? Vos nombreuses tournées européennes ne rendent-elles pas vos Hitters Japonais jaloux ?

Ça fait déjà 6 tournées ? Je ne me rappelle pas bien…ou alors peut-être plus ? Vous êtes sûre ? (rires) Les tournées me procurent toujours les mêmes sentiments. Ce n’est pas juste cette fois, c’est à chaque fois que je viens, et je me pose toujours la question : est-ce qu’il y aura une prochaine fois ? Je ressens toujours cette anxiété, alors chaque année je pars du principe que cette tournée sera peut-être la dernière. Bien sur, j’adore mes concerts, cette année quand je me dis que ça fait déjà cinq ans que je fais ça, je ressens aussi une certaine émotion au fond de moi et durant cette tournée, j’aimerais vraiment transmettre des remerciements sincères à mes fans.

(Concernant la question à propos des Hitters japonais ndlt: ) C’est une très bonne question…Pour parler honnêtement, en 2009, tout le monde a pleuré, ils pensaient que Hitt n’allait plus jamais revenir au Japon ! (rires) Et…en fait, les hitters du Japon…ils ont presque complètement disparus. Il fut un temps où je ne faisais quasiment plus de concerts là-bas, et c’était sûrement de ma faute… En 2010, 2011, en Europe le public était énorme, ils réagissaient à fond, criaient…tandis qu’au Japon, le public ne s’exprime pas vraiment, ils n’avaient plus tellement de motivation… De ce fait, plutôt que de la jalousie, je pensais qu’ils me détestaient. J’ai vraiment envie de retrouver leur enthousiasme, donc à partir d’aujourd’hui je vais faire de mon mieux aussi au Japon.

Cette tournée est aussi l’occasion de sortir un nouvel album ! « Melancholy to boku » Littéralement, la « mélancolie et moi ». Pouvez-vous nous expliquer le titre et nous parler de cet album ?

Je l’ai déjà dit de nombreuses fois pourtant non ? (rires) De temps en temps, je suis assez déprimé: à propos du travail, des concerts, de l’argent, il y a beaucoup de choses auxquelles je dois penser. Beaucoup trop. Autrefois j’en suis venu à détester ce « moi », et pourtant j’ai vite compris qu’il fallait que j’apprenne à l’aimer. Ça, c’est la « melancholy » avec laquelle j’ai tenté de devenir ami, pour avancer ensemble à l’avenir. Puisque si j’arrive à m’aimer, alors les autres aussi m’aimeront. Si les gens comprennent ça dans les chansons que j’ai écrit dans cet album, alors j’en serais vraiment heureux.

Dans certaines de vos premières interviews, vous vous dites trop «égoïste » pour partager la scène avec un groupe. Maintenant, vous avez un groupe au Japon. Pouvez-vous nous en parler ? Pensez-vous venir un jour en Europe avec votre groupe ?

Lors de la dernière Japan Expo, il n’y avait pas de batteur, mais j’ai amené avec un guitariste et un bassiste. En fait, beaucoup de gens se trompent sur un point : ce n’est pas que j’aime jouer seul, je suis même quelqu’un qui adore les gens, j’ai beaucoup d’amis et j’en prend vraiment soin. De même, je suis souvent en contact avec les membres de mon groupe, je peux leur parler de mes sentiments et ils viendront toujours m’aider. Donc j’aime vraiment être réunis avec ces personnes et faire de la musique avec eux. Cependant, « Hitt » est avant tout est un artiste solo, ce soir aussi je vais jouer seul sur scène. Et puis pour amener un groupe en Europe, il faut surtout de l’argent ! Puisqu’en ce moment je suis en solo donc je peux me permettre d’aller ça et là, mais les frais d’hôtel, la nourriture, ça demande de l’argent ! (rires) Je veux vraiment faire de mon mieux pour qu’un jour je sois en mesure de payer moi-même ces frais. Mais bien sur, un jour j’aimerais faire des concerts en Europe avec mon groupe.

Et, pour finir, avez-vous un message pour tous vos fans ?

Tant que je suis en vie, je continuerai de chanter. Bien que même si j’arrêtais de chanter -on ne sait pas ce qui pourrait arriver- je voudrais pouvoir continuer d’être un messager, de transmettre des choses. Dans le futur, il se pourrait que je ne puisse plus revenir en Europe par exemple, mais même si cela devait arriver, aujourd’hui on a internet alors je suis sur que je réussirai à mettre en place quelque chose qui permettrait aux gens de continuer à suivre mes activités. Je considère ça comme mon travail, la tâche que dieu m’a confiée. De plus, autrefois je n’aurais jamais pensé faire autant de chansons, ni qu’il y aurait eu autant de gens qui les aimeraient. A partir d’aujourd’hui, je vais continuer à chercher les choses qu’il faut, que je DOIS faire.

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Traduction: Amélie Wojtasiak
Photos du live: Crystal Nephesia

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A propos de l'auteur

C'est avec le Visual-Kei que la passion du Japon est née pour Louise. Depuis une dizaine d'années, son univers se nourrit de cette culture et ce, par bien des aspects.