Date de Tokyo : 28 Juin 2017 (21:25)
Japan Addiction Music

Interview de Guitar Wolf

Interview de Guitar Wolf

Le groupe légendaire de garage punk japonais, Guitar Wolf, donnait un concert dans la salle du Gibus à Paris le 13 juin dernier. Quelques heures avant le début du concert, le frontman et guitariste Seiji nous a fait l’honneur de nous accorder une interview très (jet) rock’n’roll. Celui-ci nous dévoile ses impressions sur la carrière du groupe ainsi que quelques-uns de ses secrets.

Q : Votre groupe a été fondé à Tokyo en 1987. Comment en êtes-vous venus à créer ce groupe et pourquoi avez-vous choisi le nom de Guitar Wolf ?

Seiji (guitariste et chanteur) : Nous avons créé notre groupe à Harajuku (district du quartier de Shibuya connu pour les modes vestimentaires excentriques (cosplay, Visual Kei, Lolita, etc.) qu’on y trouve, ndlr) où nous avons travaillé tous les trois. Nous voulions y provoquer un earthquake du rock (« tremblement de terre » en français, ndlr).

Je raconte toujours dans les interviews à l’étranger que la moitié ou le quart de mon sang est celui d’un loup, et que ma grand-mère était une louve. Au sujet du nom du groupe, eh bien, j’aime le loup et j’apportais toujours une guitare avec moi. Et le drummer l’a nommé Guitar Wolf.

Q : Vous avez nommé votre style musical le Jet Rock’n’Roll. D’où provient ce nom et quelles sont ses influences musicales ?

Seiji : J’aime bien le noise sound (« son de vacarme », ndlr) comme par exemple, le son que produit un réacteur d’avion (jet en anglais, ndlr). Et j’aime aussi le mot jet. En ajoutant le mot jet, tout devient plus cool.

Toru (batteur) : Jet interview.

Seiji : (montrant un verre) Jet cup (« jet gobelet », ndlr).

Q : Que symbolise le loup pour vous ?

Seiji : (hésitations) La solitude.

Q : Avez-vous l’impression de faire partie d’une meute dont les liens sont plus forts que ceux offerts par la société (famille, amis, collègues, etc.) ?

Seiji : Bien sûr.

Q : Après la mort de Billy, le premier Bass Wolf, en 2005, vous avez recruté U.G. pour le remplacer. Plusieurs histoires circulent sur la manière dont vous l’avez choisi et recruté. Pouvez-vous nous raconter ce qu’il s’est réellement passé à cette époque-là ?

Seiji : Après la mort de Billy, nous voulions recruter un nouveau bassiste. Il y en a beaucoup qui sont venus. Tous savaient jouer de la basse mais ils avaient un jeu stéréotypé. Stéréotypé correspond… à l’expression « qu’on peut définir soit comme marin, soit comme montagnard ». En regardant les candidats, j’ai pu à peu près définir chacun d’entre eux comme un « marin » ou comme un « montagnard ». Mais U.G. ne savait pas jouer d’un instrument. Nous ne savions pas ce qu’il était. Et nous avons parié sur sa puissance explosive et imprévisible.

Q : Lors de vos concerts, vous êtes connus pour ne pas effectuer de pause durant tout le set. Où puisez-vous l’énergie pour réaliser de telles performances ? Avez-vous un secret ?

Seiji : Avant les concerts, tout le monde regarde un film de Bruce Lee. Mais comme on peut pas souvent le voir durant la tournée, on le visualise toujours dans nos têtes.

Q : Vous avez joué dans plusieurs films tels que The Sore Losers ou encore Wild Zero et on fait référence à vous dans le célèbre animé Black Lagoon (Revy aime la musique de GW et le titre « Can-Nana Fever » y est joué, ndlr), qu’est-ce que représente pour vous le cinéma et plus généralement, le monde de l’audiovisuel ?

Seiji : C’est difficile à dire… Si nous jouons dans un film, nous y jouons seulement le rôle de Guitar Wolf. Nous n’y sommes pas des acteurs mais seulement des rockers. Je suis heureux si l’on sent une odeur de rock émaner du film.

Q : Vous avez sorti un peu moins de dix albums à l’international. Les artistes et labels japonais sont généralement frileux en ce qui concerne l’international et préfèrent se concentrer sur le marché japonais. Quelles sont vos raisons de viser le monde (et non uniquement le Japon) ?

Seiji : Parce que je voulais avoir du succès auprès des jeunes filles blondes.

Q : Est-ce que ça marche ?

Seiji : C’est assez difficile. Non, easy, easy. Ce n’est pas la peine de demander si ça marche ou pas. Je crois qu’il vaut mieux en terminer sur cette question en supposant que ça marche bien auprès des jeunes filles blondes. C’est mon dernier mot.

A part ça, je voulais me lancer dans une carrière internationale. Nous voulions éprouver nos capacités dans le monde entier. Par ailleurs, il n’y avait aucun label [japonais] qui voulait nous produire. Mais nous avons envoyé notre unique cassette audio de démonstration à Memphis (Seiji fait référence à Eric Friedl, un membre du groupe Oblivians situé à Memphis (USA), qui a créé son propre label, Goner Records, pour promouvoir la musique de Guitar Wolf aux USA, ndlr). Six mois après, celle-ci nous est revenue sous forme de CD. Personne ne nous reconnaissait, il n’y a que [cette personne de] Memphis.

Q : Après 26 ans de carrière, qu’est-ce qui vous pousse encore aujourd’hui à faire de la musique ?

Seiji : L’alcool. Mais 26 ans, ça ne semble pas très long. Il me reste encore du temps.

Q : Existe-t-il des artistes avec qui vous aimeriez vraiment collaborer, ou des projets dont vous rêvez et que vous aimeriez réaliser ?

Seiji : Je voudrais jouer avec AC/DC ou les Rolling Stones.

Q : The 5.6.7.8’s jouent demain à la Maroquinerie. Est-ce que vous avez prévu de les rencontrer et/ou de les soutenir durant leur concert ?

Seiji : Je n’ai appris cette nouvelle qu’aujourd’hui. Bien sûr, ce sont de très bonnes amies. C’est pour cela que j’ai été surpris [d’apprendre cette nouvelle]. Elles viendront probablement aujourd’hui. Vous pourrez les rencontrer.

Q : Auriez-vous un petit mot à transmettre aux lecteurs de Japan Addiction Music ?

Seiji : Présentez-moi des Parisiennes ! Et prêtez-moi de l’argent !

 

 

Remerciements à Guitar Wolf et à Jostone Traffic de nous avoir accordés du temps pour cette interview.

Remerciements particuliers à Yû Maeyama qui a fait office d’interprète durant cette interview.

Photo tirée de la fanpage Facebook du groupe.

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A propos de l'auteur

Panda solitaire de son état, Maxime s'intéresse à la culture japonaise depuis son adolescence. Mélomane averti, il couvre les divers évènements musicaux ayant lieu à Paris en tant que reporter J-Music pour Japan Addiction.