Date de Tokyo : 28 Juin 2017 (21:27)
Japan Addiction Music

Concert des 5.6.7.8’s à la Maroquinerie

Concert des 5.6.7.8’s à la Maroquinerie

Le 14 juin 2013, le trio féminin des 5.6.7.8’s rendu internationalement célèbre par leur apparition dans Kill Bill: Volume 1 avait donné rendez-vous à ses fans parisiens dans l’antre de la Maroquinerie. Retour sur leur prestation.

Au premier abord, le concert des 5.6.7.8’s avait des allures de curiosité musicale. Celui-ci avait en effet attiré un public très hétéroclite : on pouvait observer des jeunes personnes côtoyer des cinquantenaires tandis que les amateurs du style vestimentaire rockabilly étaient aussi de sortie au milieu de styles plus conventionnels. La salle était ainsi quasi comble lorsque le groupe est entré sur scène.

Les 5.6.7.8’s sont composés de trois membres : les deux sœurs Yoshiko « Ronnie » Fujiyama (chant et guitare) et Sachiko Fujii (batterie et chœur), et Yoshiko « Yama » Yamaguchi (basse et chœur). Le concert a débuté par une introduction à la batterie couplée à la basse. Celle-ci devait être complétée par la guitare et la voix de Yoshiko, mais cette dernière a malheureusement expérimenté quelques problèmes techniques à ce moment précis. Ce qui a considérablement allongé la durée du premier morceau durant lequel Sachiko et Yama, loin d’être décontenancées par cet imprévu, ont répété en boucle le même motif jusqu’à ce que le matériel de Yoshiko soit redevenu fonctionnel. La batteuse et la bassiste se sont dès le début révélées admirablement endurantes.

Après ce premier épisode, l’auditoire a été plongé dans un monde aux confluents du rockabilly, du garage rock et de la surf music américaine. On pouvait clairement voir les vagues de l’Océan Pacifique déferler sur les plages californiennes lorsque « Barracuda » et « I’m Blue » étaient interprétés. Et on continuait ensuite à naviguer vers des sonorités rockabilly (le célèbre titre « Woo Hoo », aperçu dans Kill Bill a bien sûr été joué) ou plus franches et nerveuses avec « Bomb the Twist ». L’éclairage jouait ici un rôle particulier en proposant des ambiances variées qui correspondaient parfaitement aux chansons interprétées.

Sachiko a fait montre d’une grande précision à la batterie accompagnée d’une délicatesse rare. Yama a assuré ses gammes blues et rock’n’roll à la basse, enchaînant les notes avec rapidité et maîtrise. Yoshiko a quant à elle su faire étalage de tout son talent à la guitare, malgré ses soucis techniques. Celle-ci disposait en effet d’une large collection d’effets qu’elle appliquait au son de sa guitare. Sa main gauche parcourait aussi le manche de sa guitare avec une telle vivacité qu’il était parfois impossible de suivre ses mouvements. De plus, la voix de Yoshiko s’inspirant de celle des chanteuses d’enka (style de chant populaire japonais, nldr) donnait une teinte très particulière à l’ensemble, qui se transformait ainsi en une sorte de patchwork comprenant musique américaine des 50s et chant traditionnel nippon (cf. « Sho-Jo-Ji »). Malgré le manque d’audibilité des voix du trio durant les premières chansons, les membres du groupe ont alterné avec brio les combinaisons afin d’accompagner au mieux le chant de Yoshiko.

Le public semblait en grande partie conquis, en témoignent les personnes et les couples dansant dans la fosse au rythme de la musique enjouée. Les 5.6.7.8’s ont cependant eu des difficultés à établir un véritable lien avec le public lors des MC, la faute à un anglais trop limité d’une part, et à une portion du public, certes curieux, mais qui ne semblait pas connaître le style du groupe et ne s’est donc pas investi dans le concert au-delà du stade d’observateur passif. Le trio a cependant offert quelques moments divertissants, notamment lorsque  Yama et Yoshiko ont improvisé une chorégraphie avec des maracas ou lorsque Sachiko a gratifié l’auditoire d’un impressionnant solo de batterie.

En somme, les 5.6.7.8’s ont délivré une prestation agréable et rafraîchissante malgré les aléas techniques connus par le groupe. On aurait pu souhaiter un public parfois légèrement plus réactif car le trio a assuré l’essentiel, c’est-à-dire proposer un divertissement de premier ordre. A noter que le concert s’est conclu sur une chanson qu’on aurait cru tirée d’un film de Tarantino (« Harlem Nocturne »), comme si les trois dames, avant de se retirer de la scène, désiraient rendre un dernier hommage au grand réalisateur qui les a tant popularisées.

 

Setlist :
1.Avenue A
2.I’m Blue
3.Road Runner
4.(I’m Sorry Mama) I’m a Wild One
5.I Walk Like Jayne Mansfield
6.Woo Hoo
7.Three Cool Chicks
8.Sho-Jo-Ji (The Hungry Raccoon)
9.Great Balls of Fire (Jerry Lee Lewis cover)
10.Mothra
11.Shake
12.The Hoover Song
13.The Barracuda
14.Hanky Panky (The Raindrops cover)
15.Bomb the Twist

Rappel :
16.Dream Boy
17.One Potato
18.Harlem Nocturne

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A propos de l'auteur

Panda solitaire de son état, Maxime s'intéresse à la culture japonaise depuis son adolescence. Mélomane averti, il couvre les divers évènements musicaux ayant lieu à Paris en tant que reporter J-Music pour Japan Addiction.