Date de Tokyo : 28 Juin 2017 (21:24)
Japan Addiction Music

Concert d’ASIAN KUNG-FU GENERATION au Bataclan

Concert d’ASIAN KUNG-FU GENERATION au Bataclan

Pour la première fois de sa carrière et après plusieurs années d’attente, le groupe légendaire de J-Rock alternatif ASIAN KUNG-FU GENERATION a effectué une tournée hors d’Asie et offert à ses fans européens trois concerts à Londres, Paris et Cologne. Retour sur leur performance du 2 juin au Bataclan.

N.B. : ASIAN KUNG-FU GENERATION sortira un nouveau best-of à la fin juin 2013.

 

Une atmosphère empreinte de tension et d’excitation précédait le concert. Deux jours avant ce dernier, le chanteur et guitariste rythmique Masafumi Gotoh – aussi appelé Gotch – avait annoncé sur sa fanpage Facebook que celui-ci avait perdu sa voix à cause d’un rhume. Phase critique donc puisque la date parisienne se jouait à guichets fermés. L’excitation était aussi bien palpable, notamment lorsque les 1500 spectateurs sont entrés à l’intérieur de la salle et ont bruyamment manifesté leur désir de voir le concert commencer. Avec une petite heure de retard sur l’horaire prévu, les quatre membres ont fait leur entrée sur scène : Masafumi Gotoh, Kensuke Kita (guitare solo et chœur), Takahiro Yamada (basse et chœur) et Kiyoshi Ijichi (batterie).

ASIAN KUNG-FU GENERATION – aussi surnommé AKFG ou Ajikan – a immédiatement transporté son public dans une autre dimension dès la chanson d’ouverture « Shinseiki no Love Song », qui est aussi le premier titre de l’album Magic Disk. Et ce voyage dans l’univers très personnel du groupe s’est poursuivi tout au long du concert, alternant des passages aériens et éthérés avec des titres tels que « Gekkou », « Angou no Waltz » ou encore « No Name » et d’autres plus nerveux durant lesquels « N.G.S » et « Rashinban », entre autres, ont été joués. Bien sûr, on n’oubliera pas de citer les fameux « Haruka Kanata » et « Rewrite » – ayant respectivement servi de génériques d’ouverture pour les animés à succès Naruto et Fullmetal Alchemist.

Sans parler de sa riche liste de morceaux plus enchanteurs les uns que les autres, Ajikan a aussi impressionné par l’énergie débordante et la spontanéité arborées tout au long de la performance. On aurait presque dit un groupe, tout juste débarqué, jeune et ambitieux qui avait soif de montrer au monde ce dont ils étaient capables. Ce qui a encore plus frappé dans le cas d’AKFG, c’est la maîtrise technique et la virtuosité dont ils ont fait preuve pour canaliser cette énergie et ainsi amplifier l’impact produit par leurs chansons. Kiyoshi Ijichi possède un jeu non seulement extrêmement précis mais aussi doté d’un tel relief qu’on avait l’impression d’être enveloppé par les sons de sa batterie et d’en ressentir toutes les nuances. Le très technique « Blue Train » en est un parfait exemple. Les lignes de basse puissantes de Takahiro Yamada étaient en parfait accord avec la batterie et l’attaque franche sur chaque note de basse imprimait dans le cœur de l’auditoire le rythme voulu. Kensuke Kita a donné à entendre des solos accrocheurs ainsi que des mélodies savamment dispensées dans chaque titre. Il était aussi le plus expressif sur scène et semblait très joyeux, tandis que Kiyoshi Ijichi semblait totalement absorbé et dévoué à sa batterie. Masafumi Gotoh a magnifiquement fait résonner sa voix si particulière dans tout le Bataclan malgré les conditions difficiles qu’occasionnaient ses problèmes de santé. Une voix « aérienne » avec laquelle on avait l’impression que chaque note était arrachée avec une envie et une rage infatigables. Celui-ci a aussi gratifié les spectateurs de ses petits pas de danse inspirés d’un mélange de bossa nova et de salsa. De plus, la voix de Kensuke Kita à la tessiture plus large vers les aigus complétait bien la voix du chanteur principal comme, par exemple, sur « Night Diving ».

AKFG photo concert 2

Le sommet de la soirée a été atteint lorsque AKFG a interprété son titre phare « Haruka Kanata ». Le public déjà très enthousiaste après une heure et demie de concert s’est alors laissé envahir par une frénésie incroyable. Toute la salle est entrée en communion et s’est véritablement époumonée en chantant les paroles, au point que Gotch surpris et amusé par une telle ferveur s’est à plusieurs reprises arrêté de chanter afin d’entendre les 1500 voix du Bataclan unies l’espace de quelques instants. Le groupe a presque renouvelé l’exploit sur « Rewrite » au cours duquel Gotch s’est livré à une petite improvisation à l’aide d’une boîte à samples durant le pont de la chanson.

Des émotions fortes, de grands moments d’anthologie et une énergie positive inépuisable, ASIAN KUNG-FU GENERATION a en somme délivré une superbe prestation qui restera dans les annales du J-Rock à Paris. Une énergie qui a aussi fait voltiger les lunettes de Gotch vers la fin du concert. Une énergie transmise au public qui l’a rendue au groupe d’une si belle manière que ce dernier a effectué un deuxième rappel imprévu et uniquement joué dans la capitale française. Durant les MC qu’il a assurés dans un bon anglais, Gotch a exprimé son désir de revenir en France et on espère revoir le quatuor d’ici peu. Et quoi de mieux pour résumer cette soirée magistrale que de laisser le mot de la fin à Gotch lui-même : « We can’t do kung-fu but we can do good music, really good music. » (« Nous ne pouvons pas faire de kung-fu mais nous savons faire de la bonne musique, de la très bonne musique. »)

Setlist :
1. Shinseiki no Love Song
2. Magic Disk
3. Angou no Waltz
4. Siren
5. Re:Re:
6. N.G.S.
7. World World World
8. No Name
9. Night Diving
10. Gekkou
11. Jyuuni Shinhou no Yukei
12. Korogaru Iwa Kimini Asagafuru
13. Blue Train
14. Haruka Kanata
15. Rashinban
16. Loop & Loop
17. Rewrite
18. Kimi to iu Hana

Rappel n°1 :
Solanin
Anemone No Saku Haru Ni

Rappel n°2:
Soredewa, Mata Ashita

 

Photos tirées de la fanpage Facebook d’AKFG

Vous aimez cet article ? Partagez-le !

A propos de l'auteur

Panda solitaire de son état, Maxime s'intéresse à la culture japonaise depuis son adolescence. Mélomane averti, il couvre les divers évènements musicaux ayant lieu à Paris en tant que reporter J-Music pour Japan Addiction.